7 Changements Profonds Dans L’Organisation Du Travail Qui Perdureront


Les Startups résidentes et l’équipe de la Villa Bonne Nouvelle ont rédigé en commun un article paru le 7 avril dans Forbes sur leur vision des changements profonds dans l’organisation du travail qui devraient perdurer à la sortie du confinement, ouvrant la porte à un débat qui ne fait que commencer sur l’impact de cette crise.

Télétravail et télémanagement imposé, équipes dispersées, baisse des revenus à compenser, chômage technique, rupture du lien social… Le confinement lié à la crise sanitaire du Covid-19 a subitement impacté les habitudes de travail de chacun. En situation de télétravail prolongée, de nouveaux modes d’interactions et de collaboration se développent. Quand hier, le recours à un outil numérique (réseau social, suite de communication ou plateforme) était un choix, aujourd’hui, il est devenu une normalité, au cœur de nos échanges, de notre capacité et volonté à garder et faire vivre le lien entre chaque individu. 

 

7 autres impacts que technologique perdureront, à la fois pour les équipes et les environnements de travail. Humilité, solidarité, mais aussi inventivité et résilience seront des qualités indispensables pour que nous puissions tous sortir grandis de cette épreuve. 

  1. L’immobilier va devenir le principal levier pour mieux collaborer et faire face à une nouvelle contrainte économique

Les entreprises vont devoir accepter de repenser en profondeur leurs grands ensembles tertiaires pour les rendre plus efficients, serviciels et agréables. Il s’agit de redonner envie aux collaborateurs de venir travailler, collaborer, créer ensemble, dans des espaces moins consommateurs de m², réduisant ainsi les coûts fixes de l’entreprise. Concrètement, l’immeuble de bureaux de demain aura un nouveau visage et deviendra :  

  • la vitrine du savoir-faire managérial de l’entreprise avec notamment l’intégration des nouvelles façons de travailler ; 
  • le lieu d’organisation des espaces et temps collectifs, ces nouveaux biens précieux, générateurs de la création de valeur de l’entreprise
  • le cœur de l’animation de la communauté professionnelle, créatrice de lien et d’engagement.

 

  1.         Le travail multi sites deviendra la norme, rythmé par les usages de chacun

A l’instar du télétravail à la maison comme première phase pendant la crise, une seconde phase va consister à utiliser les tiers lieux pour retrouver un cadre de travail motivant et se réunir en petits groupes de travail. Cela va permettre de minimiser les risques de paralysie inhérents à un lieu de travail unique, en cas de nouvelle crise sanitaire mais également de grève ou de volonté de travailler en mode agile en petits groupes.

Le siège social va ainsi devenir un camp de base de passage et le travail va se répartir sur différents lieux adaptés aux usages de chacun entre le home office, des espaces de coworking ou de corpoworking dédiés à la collaboration interne ou externe. Cette décentralisation va nécessiter des outils spécifiques pour organiser les déplacements et les interactions réelles entre les équipes pluridisciplinaires et ainsi maintenir le lien et la culture d’entreprise.

 

  1.         De nouvelles solutions vont répondre au besoin de se retrouver, même virtuellement

Depuis 15 jours, partout en France  on « Slack », « Klaxoon », « Teams » ou « Zoom ». L’agilité des organisations lors de ces dernières semaines est remarquable, les web conférences ont permis de maintenir le lien, de se réunir de continuer l’activité et même d’assurer les cours des enfants. Ces solutions technologiques permettent de se confronter au réel, de faire naître des champions mais aussi d’identifier des axes d’amélioration notamment en direction des 76% des français qui regrettent leur bureau après 10 jours de confinement[1].

Pour répondre à cette attente, des solutions proposent d’avoir virtuellement un double numérique immobilier et un avatar en réalité virtuelle pour maintenir le lien et les interactions avec les environnements de travail et les collaborateurs, les managers.

 

  1.         Le manager va se réinventer pour donner du sens à l’action de son équipe

Le télémanagement a secoué le management à la papa. Comment maintenir la dynamique des projets ? Comment engager les équipes dans la préparation de “l’après” ? Les managers confinés ont dû prendre des risques et tester de nouvelles techniques. Cette situation inédite a également libéré la parole et créé du lien.

#DeRetourAuBureau tout ce qui a été inventé en mode survie va s’ancrer comme un fonctionnement normal : un certain lâcher prise vis-à-vis des éléments statutaires, une incitation à l’autonomie, une capacité accrue à verbaliser les doutes, l’écoute, l’utilisation d’astuces d’animation pour créer de la proximité, la participation active à des communautés d’entraide entre pairs, l’optimisation des réunions courtes et efficaces, …

Apparait également a nécessité grandissante de recourir à des formes de travail alternatives et de revoir la relation employeur-salariés. Une accélération des #NewWayOfWorking en somme.

 

  1.         L’humain reprendra enfin sa place, on se verra moins mais on se verra mieux

Qui n’a jamais pesté dans une réunion où chacun a les yeux rivés sur son écran, où chacun vaque à ses occupations personnelles plutôt que de mettre sa présence au service du groupe ? La crise que nous traversons montre à quel point se voir en chair et en os est précieux. La présence physique a la primeur sur toutes les autres interactions. La crise démontre aussi combien les interactions humaines sont multiples, profondes, nécessaires au développement individuel et collectif. Chacun percevra désormais encore mieux la valeur d’être présent physiquement, les personnes valoriseront davantage les compétences humaines, l’empathie, la capacité de transmettre, l’engagement, la prise de parole, l’accompagnement managérial… Cette crise nous montre que le plus grand capital, c’est le capital l’HUMAIN. 

 

  1.         Les collaborateurs amenés à s’auto-motiver pendant le confinement assumeront leur singularité

Le monde du travail est en mutation et le confinement a confirmé la nécessité d’amener les collaborateurs à plus d’autonomie et de responsabilités. Mais lorsque le management est et reste pyramidal, il est compliqué pour les collaborateurs de s’auto-valoriser et de maintenir leur engagement et motivation. Les entreprises doivent repenser les méthodes de management mais aussi former les collaborateurs pour les aider à renforcer leurs #softskills. Il va falloir apprendre à exprimer sa singularité, communiquer avec bienveillance, se sentir fort de ses talents et ainsi plus proactif et plus souple. C’est avec des équipes fortes et soudées que les entreprises vont pouvoir mieux faire face à un marché volatile et rester en phase avec des outils digitaux en constante évolution.

 
 
  1.         Chacun cherchera sa place dans cette transformation accélérée

En 2008, états et entreprises ont tenté d’absorber le choc de la crise, à coups de chômage partiel, de gel de salaire, de baisse des recrutements. En 2020, rêvons de nouvelles mesures disruptives pour affronter la crise économique. Cette pandémie nous ouvre les yeux sur deux vraies questions que chacun doit se poser : ce que je fais est-il utile à la société ? Ce que je fais me plait-il ? Plus que la rémunération et le temps de travail, l’engagement des collaborateurs est un levier majeur de performance qui est aujourd’hui sous-estimé. Les entreprises vont devoir changer de paradigme pour transformer les organisations et accompagner les individus pour que chacun y trouve sa place et surtout son équilibre. C’est la condition sine qua non pour que le travail sorte grandi de cette crise.

Par ailleurs, la réduction soudaine de nos émissions polluantes nous invite à développer de nouvelles réflexions pour réduire surconsommation et surproduction.

 

Les mots de la Villa Bonne Nouvelle, au sein de la Direction de la Transformation d’Orange.

« Au sein de la Direction de la Transformation du groupe Orange, la Villa Bonne Nouvelle accompagne l’évolution des modes et des environnements de travail et est plus que jamais à l’écoute des messages clés qu’adressent aujourd’hui les start-up en résidence.

Depuis quelques années, les entreprises redoublent d’innovations sociales pour faire évoluer leurs modèles d’organisation du travail, à la recherche d’une plus grande agilité leur permettant d’évoluer dans un climat d’incertitude croissant, qui atteint son apogée avec la crise actuelle. L’urgence d’agir malgré l’incertitude contraint nos organisations publiques et privées à se réinventer, et à développer des formes de collaboration inédites. Cette crise et le confinement qu’elle impose, nous montrent à quel point en étant isolés, nous sommes interdépendants, et combien l’action collective et la solidarité peuvent faire émerger des solutions innovantes. Cette expérience va très certainement modifier en profondeur notre organisation du travail en commençant par nos modes de management et nos politiques de QVT en entreprise.

La crise du Coronavirus a fait surgir le facteur humain comme priorité essentielle du fonctionnement de nos sociétés et de nos entreprises publiques ou privées, loin devant les questions économiques et politiques pourtant terriblement impactées et mobilisées par cette crise. Notre capacité à traverser la crise tient non seulement aux compétences essentielles des personnes, mais aussi à leur engagement, au sens qu’elles trouvent à mener le combat, à leur capacité de résilience pour s’adapter à des situations nouvelles.

Ainsi, la sortie de crise questionnera sans nul doute notre organisation du temps de travail, en termes de rythme et de vitesse. Ce qui était urgent hier sera revu pour ne garder que l’essentiel et revoir nos priorités vers ce qui apporte du sens et de la cohésion. Il ne s’agira pas de se désinvestir du travail mais au contraire d’y apporter plus d’implication émotionnelle, loin d’une gestion très normative du temps et des activités que nous mettions en œuvre bien souvent.

La sortie de confinement nécessitera la mise en place de groupes de travail, d’écoute et de partage au plus haut niveau de l’entreprise. Capitalisons sur ce qui aura été expérimenté et vécu pendant cette période inédite pour déterminer tous ensemble les nouvelles règles et valeurs de nos modes de travail.

Orange, qui a déjà engagé une transformation de ses modes de fonctionnement tirera profit de ces enseignements. » Maya Sérigne, Directrice Villa Bonne Nouvelle et Christine Defuans, Responsable marketing des organisations du travail d’Orange.

 

Article collaboratif rédigé par la communauté des startups lauréates de la Villa Bonne Nouvelle, l’espace de corpoworking ouvert du groupe Orange sur les nouvelles façons de travailler : Ask Nath, Autrement Formations, Coachizy, Coworklib, Digital Building Factory, Humoon, laWEbox, My Dynamic Workplace et la Direction de la transformation d’Orange.

 

[1] Etude Deskeo mars 2020