[VivaTech] La courbe d’apprentissage des start-up : 6 conseils d’experts


Viva Technology est un évènement fabuleux pour faire du business mais aussi une occasion d’apprendre. Les VCs, accélérateurs, entreprises internationales et dirigeants visionnaires sont présents pour partager leur expérience avec les start-up, entrepreneurs et étudiants. Tour d’horizon de 6 conseils que nous avons retenus.

#1 : Votre idée doit être une passion

Cela semble être une évidence mais il ne faut pas l’oublier. Etre passionné par votre projet est une sorte d’assurance : rappelez-vous que vous allez certainement passer des années de votre vie sur ce dernier. Du coup, autant choisir une idée dont vous n’allez pas vous lasser au bout de deux ans. De même, vous serez certainement plus enclins à vous investir à fond et chercher les meilleures solutions pour un projet auquel vous croyez vraiment. Et c’est nul autre que Mark Zuckerberg qui le dit : « Vous devez vous concentrer sur ce à quoi vous croyez vraiment. Beaucoup de personnes ont des idées et veulent lancer une start-up. Ce n’est pas ce qui m’a poussé à fonder Facebook : je voulais construire quelque chose qui me semblait important pour mon université à ce moment-là ». Votre capacité à créer un business durable dépend également de votre efficacité et de votre expertise, ce qui nous conduit au deuxième conseil…

#2 : Attaquez-vous à des problèmes que vous connaissez

Dans son intervention “When Things Got All F*cked”, le CEO de Plato (ouvre un nouvel onglet) Quang Hoang a retracé l’histoire de sa première start-up, son plus gros échec. Alors que son concept d’application mobile, puis de chatbot, avait convaincu Y Combinator et récolté 2 millions de dollars, son équipe de développeurs a démissionné. « Il nous manquait une vision globale et, plus important encore, notre équipe de départ n’était pas passionnée par ce que nous faisions. Il n’y a que deux manières d’acquérir l’expertise qui peut mener au succès : être passionné par l’objectif que vous cherchez à atteindre et avoir une expérience directe du problème que vous essayez de résoudre. »

#3 : Définissez ce que vous êtes… le plus tôt possible

En manquant d’une vision claire, Quang était incapable de la communiquer à son équipe. La leçon a été rude : même avec des fonds, vos collaborateurs vous quitteront s’ils ne sont pas heureux dans leur travail.

La vision est essentielle, d’autant plus que votre entreprise est susceptible de croître rapidement en cas de succès. Durant la table ronde « How to Manage Hypergrowth », le journaliste de Bloomberg et modérateur Brad Stone a rapidement avancé que « l’hyper-croissance n’est pas aussi attirante que ce qu’elle paraît : c’est comme une voiture de Formule 1 – aller trop vite est dangereux ».

Un des gros challenges est de réussir à partager votre vision avec vos collaborateurs, y compris les nouveaux qui vous rejoignent en cours de route. « Quand vous n’êtes que six, la vision est facilement partagée et comprise par tous. Trois ans plus tard, à 120, cela devient bien plus difficile, » explique Caroline Vion de BCG Digital Ventures.

# 4 : Votre identité doit pouvoir grandir avec vous

Parlant d’expérience, Robby Stein, Director of Product Management d’Instagram, souligne que “la vision et les valeurs, comme toute autre chose, doivent être évolutives. Vous devez trouver une façon de déployer vos caractéristiques uniques à grand échelle. Chez Instagram, notre crédo c’est l’expérience, la connexion, le visuel. Nous faisons donc des arbitrages en fonction de ça et si, en conséquence, par exemple, nous sommes un peu plus lents que d’autres acteurs, ce n’est pas bien grave. » Se poser cette question autour des valeurs est très important, Uber en a fait les frais récemment…

#5 : Préparez-vous à échouer

Etre légèrement paranoïaque est un atout et c’est pourquoi il convient d’éviter les stratégies axées sur la croissance à tout prix. Dixit Robby Stein : « Vos utilisateurs peuvent d’un coup se détourner de vous, de même que l’environnement politique ou l’écosystème peuvent rapidement changer. » Pour Quang Hoang, il faut rester humble, faire face à la situation et en tirer objectivement des leçons, voire chercher de l’aide pour comprendre comment évoluer.

#6 : Cherchez des mentors, mais soyez clair dans vos attentes

Une start-up doit être « coachable » selon Rose Lewis, de l’accélérateur Collider (ouvre un nouvel onglet) au Royaume-Uni. « Si une start-up vient nous demander du soutien mais semble ne pas prendre en compte notre feedback, c’est un signal d’alarme pour nous. » Saeed Amidi, CEO de Plug and Play Tech Center, fait le même constat : les entrepreneurs doivent définir leurs attentes vis-à-vis des accélérateurs avant d’en contacter un. « Des partenaires corporate peuvent vous aider financièrement pour votre R&D, à un niveau que peu d’accélérateurs proposent ! L’idéal, cependant, serait de combiner les deux. »

Jag Gill dont la start-up Sundar (ouvre un nouvel onglet) a suivi une trajectoire similaire, se fend d’une mise en garde : « Il ne faut pas sur-analyser la composante financement des accélérateurs. Il ne faut pas voir les fonds propres comme une perte, c’est un investissement – vous investissez dans votre entreprise ! » C’est donc bien une décision commerciale, à traiter avec la même considération que toute autre.