#TechForGood : lumière sur les Ambitieuses !


Le parcours d’accélération « Les Ambitieuses Tech For Good », porté par La Ruche, vise à aider des start-up fondées par des femmes entrepreneures sociales. Un programme d’autant plus nécessaire que l’entrepreneuriat social a parfois du mal à trouver un modèle économique pérenne, et que les femmes ne représentaient en 2017 que 8 % des entrepreneurs dans le secteur des nouvelles technologies. Rencontre avec deux lauréates du programme : Victoria Mandefield, de Solinum, et Lauriane Bassoleil, de Seintinelles.

Votre start-up en quelques mots ?

Victoria Mandefield : Solinum (ouvre un nouvel onglet) lutte contre l’exclusion en mettant le numérique au service des personnes les plus fragiles, grâce à des services et des outils numériques adaptés. Notre premier projet, Soliguide, est une cartographie des « lieux ressources » – lieux de distribution alimentaire, points d’accès à l’eau potable, association d’aide et d’accompagnement, etc. – facilitant le quotidien et le parcours de réinsertion.

Lauriane Bassoleil : Seintinelles (ouvre un nouvel onglet) est la première plateforme de recherche collaborative sur le cancer. Nous mettons en relation les chercheurs et les citoyens volontaires pour participer à des projets d’étude. Aujourd’hui, notre base compte 23 000 volontaires et nous a permis de lancer une vingtaine de projets.

Pensez-vous que les nouvelles technologies peuvent apporter une réponse à des problématiques sociales et sociétales ?

V. M. : Lorsque j’étais élève ingénieur, j’ai effectué pendant plusieurs années des maraudes dans Paris en tant que bénévole, pour aller à la rencontre de personnes en difficulté. C’est là que j’ai compris que les technologies numériques pouvaient aussi constituer un véritable levier de développement dans le secteur social, souvent délaissé en matière de digital. D’ailleurs, les associations ont vite validé la pertinence de Soliguide : elles sont nombreuses à nous demander d’étendre notre concept à d’autres villes.

L.B. : L’entrepreneuriat social s’empare de plus en plus des technologies, et ça fonctionne ! Notre plateforme, par exemple, peut mobiliser en quelques jours 100, 1 000 ou 2 000 personnes pour permettre à un chercheur de faire une étude, alors qu’auparavant, il fallait plusieurs mois. Mais attention, Seintinelles ne repose pas sur une innovation technologique : nous détournons des outils existants pour construire notre réponse. C’est une innovation d’usage.

Qu’attendez-vous du programme « Les Ambitieuses » de La Ruche ?

L.B. : Nous voulons prendre de l’ampleur et changer d’échelle. Le programme de la Ruche comprend des ateliers et des rencontres ainsi qu’un accompagnement par un mentor. Cela va nous aider à mieux structurer notre offre face aux chercheurs et à développer un modèle économique qui assurera notre pérennité. 2018 sera une année charnière.

V.M. : Nous souhaitons tester et valider un modèle économique afin d’être pérenne à long terme, et ne pas dépendre uniquement des subventions. Ce programme va nous permettre de rencontrer d’autres créatrices d’entreprises, plus expérimentées et inspirantes, mais aussi d’échanger avec des consœurs porteuses de projets dans la même veine.

Comment voyez-vous l’avenir à court ou moyen terme ?

V.M. : D’ici 2 ans, j’espère que Soliguide sera présent dans au moins 5 villes et qu’il aura un impact durable. Nous avons aussi d’autres projets numériques… Mais il est trop tôt pour les dévoiler !

L.B. : D’ici la fin de l’année, nous voulons développer une application mobile pour recueillir automatiquement des données de volontaires dans le cadre de projets de chercheurs. Et d’ici 2 ans, nous voulons avoir multiplié par 2 ou 3 le nombre de projets d’études et accroître notre visibilité auprès des chercheurs.

Victoria Mandefield, Solinum

Lauriane Bassoleil, Seintinelles