DigiWorld Awards 2017 : Scalefast récompensée


En 2015, IDATE, Business France et la French Tech lancent les DigiWorld Awards, en partenariat avec Orange. Remis en marge du DigiWorld Summit, ils distinguent des start-up du numérique créées par des Français à l’étranger. Une façon de rendre hommage à ces entrepreneurs qui portent les couleurs de la « French Tech » dans le monde entier.

L’un des lauréats 2017 est Scalefast. Basée à Los Angeles, cette start-up qui dote les marques des mêmes capacités e-commerce qu’Amazon mais pour leur propre site e-commerce bénéficiera d’un accompagnement de la part d’Orange. Rencontre avec son président et cofondateur Nicolas Stehle.

Comment vous est venue l’idée de créer Scalefast Solution ?

Nicolas Stehle : Les créateurs de start-up racontent souvent comment leur idée est née d’une rencontre, d’un hasard… Pour Scalefast, nous avons été beaucoup plus pragmatiques : nous avons cherché « la » bonne idée. Pourquoi ? Parce que c’est la 5e start-up que je crée avec mes deux associés. Ensemble, nous avons connu de belles réussites, mais aussi le choc d’une faillite lors de l’explosion de la bulle internet en 2000. Cela nous a appris à être prudents. Par ailleurs, nous développions des technologies e-commerce et big data en environnement contraint depuis plus de 10 ans et souhaitions continuer dans ces secteurs fascinants.

Pourquoi avoir arrêté votre choix sur le e-commerce ?

N.S. : Nous avons ciblé cette activité pour plusieurs raisons. Déjà parce qu’elle génère 2 000 milliards de dollars par an et affiche une croissance annuelle de 15 %. Ensuite, elle présente une très grande marge de croissance puisqu’elle ne représente que 5 à 7 % du marché retail. Il nous restait alors à trouver un positionnement innovant. L’idée retenue a été de proposer aux grandes entreprises et aux marques en forte croissance, pas assez puissantes pour concurrencer Amazon, une solution complète « Amazon like », intégrant tous les services et toutes les expertises nécessaires pour adresser leurs clients en direct.

En quoi votre solution se différencie-t-elle d’une solution de e-commerce classique ?

N.S. : Nous proposons à nos clients une « plateforme business » clés en main. Elle intègre à la fois notre propre plateforme cloud e-commerce, une solution de paiement et d’antifraude, des services de logistique et de livraison partout dans le monde, un support client et un programme de fidélité. Avec cette plateforme, chaque entreprise dispose donc d’un site de vente en ligne, de tous les services associés aux couleurs de sa marque, de capacités e-commerce extrêmement robustes (150+ commandes à la secondes) et de fonctionnalités modernes répondant à la façon dont les millenials consomment les marques aujourd’hui.

Les marques peuvent ainsi « scaler » rapidement en se focalisant sur leurs clients et leurs produits pendant que Scalefast s’occupe de toute la complexité liée à la gestion d’un site e-commerce international et de délivrer une expérience triple A.

Pourquoi vos associés et vous-même vous êtes-vous expatriés aux
États-Unis pour créer votre entreprise ?

N.S. : Notre offre relève d’un concept qui peine à séduire le marché français : « Team as a service ». À l’inverse, aux États-Unis, les entreprises paient volontiers pour obtenir ce type de service. Le succès a d’ailleurs été immédiat et rapide : nous doublons notre chiffre d’affaires chaque année et notre plateforme mutualisée gère 150 commandes par seconde.

Votre succès aux États-Unis est-il une illustration de la réussite que rencontre la French Tech ?

 N.S. : Il est vrai que le « made in California » est perçu comme un gage de qualité en Europe. On y voit souvent la Silicon Valley comme le lieu ultime de l’innovation. À l’inverse, outre-Atlantique, les Français sont très appréciés pour leur culture, leur éducation. Nous nous intégrons facilement et nous sommes d’ailleurs nombreux ici, dans toutes les entreprises et à tous les postes. Mais attention, il existe de réelles différences culturelles entre les mentalités française et américaine. C’est la raison pour laquelle nous avons dû embaucher un collaborateur sur place : un Français ne peut pas vendre à un Américain !

Quel conseil donneriez-vous aux créateurs d’entreprise souhaitant s’installer à l’étranger ?

N.S. : Have fun ! Tout simplement. Créer sa start-up peut s’avérer difficile et stressant. Plus encore lorsque l’on s’installe dans un pays que l’on ne connaît pas. Le seul moyen de réussir, c’est de le faire par plaisir, par passion !