Rencontre avec Hiroshi Nishikawa, responsable du programme Orange Fab Asia


« La singularité d’Orange Fab Asia est son ouverture sur les marchés internationaux »

Pendant plusieurs années, j’ai occupé les postes de conseiller pour entreprises, toutes de tailles différentes, et de consultant en management pour des jeunes entreprises et des incubateurs de start-up japonais, ainsi que pour des start-up étrangères souhaitant conquérir le marché nippon. Mon poste de consultant m’a permis d’acquérir de solides connaissances sur l’écosystème local et régional. Après avoir rejoint Orange en tant que responsable des partenariats, j’ai fondé Orange Fab Asia en 2013.

« Je pense que l’innovation est capable de surmonter l’éloignement et les barrières linguistiques, à condition de collaborer avec les bonnes personnes ! »

Hiroshi Nishikawa, responsable des partenariats et du programme Orange Fab Asia.

« Après avoir initialement vu le jour à Tokyo, la société Orange Fab Asia est désormais implantée dans trois pays : le Japon, la Corée du Sud et Taïwan. Nous fournissons aux start-up asiatiques des produits préexistants pouvant être utilisés dans un large éventail de marchés verticaux, de l’IA et de l’apprentissage automatique à la télésanté, l’IoT et aux technologies vidéo, pour n’en citer que quelques-uns.

« Dans chacun de ces trois pays, les start-up qui rejoignent Orange Fab Asia bénéficient de conseils professionnels et d’un accompagnement personnalisé auprès d’experts locaux et étrangers, dont nombre d’entre eux sont des partenaires de notre société. Cet accompagnement personnalisé peut proposer des conseils stratégiques auprès de sociétés japonaises jusqu’à des conseils juridiques auprès d’avocats de la Silicon Valley pour les participants souhaitant faire leurs premiers pas sur le marché américain.

« La singularité d’Orange Fab Asia est son ouverture sur les marchés internationaux. Les start-up peuvent suivre notre programme à Tokyo, Séoul ou Taipei, et nous veillons à ce que ces trois pays soient représentés à l’occasion de nos six journées de démonstration annuelles. Elles permettent de mettre nos participants en relation avec des professionnels compétents et présents dans différents marchés afin de mettre en avant leurs points forts et d’exporter leurs services là où les chances de réussite sont les plus favorables. Nous entretenons également des relations commerciales à l’international en parrainant des événements, comme l’Innovfest Unbound, où une dizaine de nos start-up étaient présentes lors des trois dernières éditions, et Tech in Asia Tokyo.

« Au vu des résultats obtenus, nous sommes ravis de constater que notre approche rencontre un franc succès ! Depuis 2013, plus de 100 start-up ont participé à huit saisons d’Orange Fab Asia. Non seulement toutes sont encore en activité, mais plus de 60 % d’entre elles ont également réussi à obtenir le soutien d’investisseurs !

« En plus de nos propres écosystèmes, nous mettons également les start-up en relation avec le réseau commercial international d’Orange, dont la région Asie-Pacifique, notamment par le biais du bureau OBS à Singapour, mais aussi l’Europe et la région MEA (Moyen-Orient et Afrique). Il s’agit là d’une incroyable opportunité pour Orange et nos différentes start-up qui peuvent créer des partenariats à long terme et basés sur l’innovation. Je pense que l’innovation est capable de surmonter l’éloignement et les barrières linguistiques, à condition de collaborer avec les bonnes personnes. Telle est précisément notre mission ! »

« L’intelligence artificielle est capable de transformer radicalement l’environnement de toutes les industries modernes. Nous avons décidé de relever le défi pour être à la pointe de ce changement. »

Depuis plus de cinq ans, ABEJA déploie et applique des technologies avancées d’apprentissage profond pour résoudre des problèmes spécifiques dans divers secteurs d’activité comme la production, la logistique, l’infrastructure et la distribution de détail. L’expertise d’ABEJA dans le développement de l’intelligence artificielle (IA) a été largement reconnue lors de conférences universitaires et industrielles, mais aussi par plusieurs grandes entreprises. Nvidia compte parmi les entreprises ayant investi dans ABEJA, son premier investissement au Japon et dans une entreprise asiatique d’IA.

Naoki Tonogi, directeur, chef des opérations et directeur financier d’ABEJA, nous en dit plus sur son entreprise.

Quel est le cœur de métier d’ABEJA ?

ABEJA propose différents produits relatifs à l’intelligence artificielle, notamment dans le domaine de l’apprentissage profond. Nous fournissons la « plate-forme ABEJA », qui inclut les composants nécessaires pour gérer l’ensemble du cycle de vie des modèles d’IA, de la validation et l’annotation des données à la formation de modèles, au déploiement de modèles et aux opérations, en passant par le reporting précis de modèles et le recyclage de modèles. Ces fonctionnalités nous aident à répondre aux besoins métier spécifiques de nos clients. Notre but est également de fournir plusieurs applications SaaS basées sur l’IA, à commencer par une solution SaaS de distribution de détail.

D’où est venue l’idée de créer ABEJA ?

Le fondateur d’ABEJA, Yousuke Okada, s’est rendu dans la Silicon Valley en 2012 où il a découvert la technologie d’apprentissage profond, qui était alors encore nouvelle et en phase de conception. Il a pu voir comment cette technologie révolutionnaire et le Cloud pourraient nous aider à accomplir des choses jusqu’à maintenant impossibles. En 2012, nous sommes parvenus à réduire le taux d’erreur dans le domaine de la reconnaissance d’objets de plus de 10 %, preuve que l’intelligence artificielle était capable de transformer radicalement l’environnement de toutes les industries modernes. Nous avons décidé de relever le défi pour être à la pointe de ce changement. C’est de là qu’est née ABEJA.

ABEJA a rejoint Orange Fab Asia en 2014. Quel a été l’impact sur votre activité ?

Nous avons entendu parler d’Orange Fab Asia par nos amis. À l’époque, nous développions notre entreprise en vue d’une restructuration industrielle en utilisant l’apprentissage profond, mais nous avons alors réalisé que l’apprentissage profond était très peu connu au Japon. Nous cherchions un canal pour notre expansion à l’international. Orange nous a aidés à présenter notre start-up en Anglais et à participer aux salons internationaux comme Innovfest à Singapour.

Comment se porte l’entreprise aujourd’hui ?

Nous avons sorti la plate-forme ABEJA et avons beaucoup de partenaires internationaux, dont de grandes sociétés comme Salesforce. Par ailleurs, nous avons créé cette année notre première succursale à l’étranger, à Singapour. Nous travaillons également avec le secteur de la distribution de détail et avons déjà fourni nos produits à 70 entreprises et 420 magasins.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs ?

Tenez-vous au courant de ce qu’il se passe dans le monde dès le début, sans mettre de limite à vos idées. Et demandez de l’aide à Orange !