Rencontre avec Bertrand Rojat, directeur adjoint du Technocentre Orange


« Le rôle et l’importance des start-up sont aujourd’hui unanimement reconnus »

Diplômé de l’école Polytechnique et de Télécom Paris, j’ai exercé différentes responsabilités dans les télécommunications, l’informatique et le web, aussi bien à des postes techniques que marketing ou commerciaux. Ces 20 ans d’expériences variées, toujours liées au développement de nouveaux business, me donnent une bonne connaissance du marché et de ses acteurs. Un atout dans mon rôle d’Open Innovation Officer, dont l’objectif est de stimuler la co-innovation au sein de tout un écosystème de partenaires, clients et compétiteurs.

« Les start-up nous apportent une nouvelle façon d’innover »  

Bertrand Rojat, directeur adjoint du Technocentre Orange

« L’innovation est la condition sine qua none de développement et de croissance pour toute entreprise. C’est pourquoi Orange considère qu’il est indispensable de constituer un écosystème avec tous les acteurs qui nous entourent – start-up, petites, moyennes ou grandes entreprises, aussi bien partenaires, clients que concurrents – pour développer la co-innovation.

« Au sein de cet écosystème, les start-up jouent un rôle particulier. Elles nous permettent d’innover autrement : avec pragmatisme, autour d’une problématique bien cernée, dans une démarche agile et par itérations.

« Le rôle et l’importance des start-up sont aujourd’hui unanimement reconnus, comme en témoignent l’apparition de très gros incubateurs ou la multiplication des dispositifs créés par les grandes entreprises.

« De son côté, Orange accompagne les start-up pour les aider à accéder à des financements, obtenir des contrats clients, notamment à travers des projets de co-innovation avec les équipes Orange, et leur donner plus de visibilité. Aujourd’hui, nous optons pour des approches toujours plus concrètes, en préférant par exemple les « Challenges innovation » aux hackathons. D’une durée d’un mois, ils sont élaborés autour d’une vraie problématique, en collaboration avec des entreprises qui s’engagent à conclure un partenariat industriel avec les lauréats. Parallèlement, nous stimulons l’innovation en interne, via l’intrapreneuriat, avec « l’Intrapreneur Studio ».

« D’un véritable foisonnement de start-up, nous voyons émerger ces nouveaux acteurs dont la réussite est parfois difficile à anticiper. En effet, il n’existe pas de recette du succès. Deux ingrédients s’avèrent toutefois indispensables : une vraie vision et une bonne équipe ! Ils se retrouvent d’ailleurs dans toutes les start-up que nous avons accompagnées et qui connaissent un vrai succès. La créatrice de Telegrafik, par exemple, avait bluffé le jury de sélection de l’Orange Fab par son pitch qui témoignait d’une vision très claire de son projet. De même avec Famoco, qui conçoit des terminaux mobiles professionnels durcis, une start-up labellisée French Tech et au rapide développement international. Son fondateur fait preuve d’un pragmatisme formidable qu’il met au service d’une vision forte. Ou encore Actility, une start-up positionnée sur l’IoT dans laquelle Orange est investisseur, qui démontre une capacité d’exécution hors pair. Ces exemples illustrent que la création d’une start-up est aussi une expérience humaine incroyable. Le réseau Orange Fab a déjà accompagné près de 300 start-up… et autant de très belles histoires! »

Carole Zisa-Garat, fondatrice de Telegrafik, une start-up française créée en 2013, qui met les technologies de l’IoT au service du maintien à domicile des personnes âgées.

« Notre projet a réellement démarré au sein de l’accélérateur Orange Fab »

Vous êtes passée par l’accélérateur Orange Fab. Quel était votre objectif ?

Nous avons intégré l’accélérateur très tôt dans la vie de l’entreprise pour profiter des synergies existantes entre Orange et Telegrafik. Notre collaboration s’est poursuivie au-delà de l’accélération : nous travaillons aujourd’hui à l’industrialisation d’une offre commune.

Quel bénéfice avez-vous retiré de l’accompagnement d’Orange ?

Notre passage dans l’accélérateur Orange a contribué à faire mûrir et évoluer notre concept. Au-delà de la réflexion sur notre business model, notre projet a réellement démarré grâce à un POC (proof of concept, l’équivalent anglais de démonstration de faisabilité, N.D.L.R) de 18 mois mené avec Orange, impliquant 50 familles pilotes et 850 personnes interrogées.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Nous avons réussi une levée de fonds de plus d’1M€. Nous avons également remporté le Concours d’innovation numérique de BPI France, soit un investissement de 1,3M€ sur 18 mois de projet R&D pour élaborer nos offres futures. A titre personnel, j’ai eu la chance d’intégrer le Conseil national du numérique.

Les femmes sont plutôt rares à la tête des start-up. Existe-t-il une « spécificité féminine »?

Peut-être un goût du risque plus modéré ? Notre petit nombre est néanmoins un atout. Parce que nous sommes rares, nous sommes plus visibles et plus connues. En revanche, lors des levées de fonds, notre prudence peut jouer en notre défaveur : les investisseurs aiment le risque !

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes créateurs – et créatrices – d’entreprises ?

Je commencerais par les féliciter d’avoir osé ! Puis je leur conseillerais d’être transparents, de beaucoup échanger, de rencontrer leurs clients ou partenaires potentiels, d’autres start-up... Ces échanges nous font évoluer, nous rassurent et nous remotivent. Se cacher, c’est aller à l’échec !

Revivez la conférence "ArtificiaI Intelligence and Startup : a Human adventure" tenue à l'occasion du Women's Forum

(Jeudi 5 Octobre 2017) (en anglais)