Le socle de l’innovation pour connecter les hommes


Ce matin du vendredi 16 juin, place à l’infrastructure sans laquelle il n’y a pas de révolution mobile : le réseau – ou plutôt les réseaux. En effet, tous les membres de l’écosystème digital ont leurs propres besoins en connectivité, du bas-débit au très haut débit, du réseau LoRa à la 5G. Préparer le futur, c’est déployer des réseaux adaptés à tous les usages. Dans les territoires ultra-connectés ou peu connectés, un enjeu demeure : la mise en commun des moyens et des énergies de tous les acteurs. La preuve à VivaTech avec les intervenants d’Orange.

Connecter le monde n’est pas qu’une question de moyens techniques

La table ronde sur le thème « Combler le fossé digital », commence avec une statistique frappante : 53% de la population mondiale n’a pas accès à Internet. Ce qui représente un réel blocage pour les capacités d’innovation. « Ce serait une erreur de considérer que cette situation résulte de problèmes techniques, » juge Ludovic Centonze, Responsable de projets RSE. « En vérité, les enjeux sont humains et économiques ».

Le manque d’accès à internet sur le continent africain, par exemple, est un véritable défi pour un opérateur comme Orange dont la connectivité représente le cœur de métier. Quelques chiffres : « Les infrastructures réseaux sont gourmandes en capital et imposent d’investir là où la rentabilité est plus grande, » ajoute Ludovic. « On arrive donc à une situation paradoxale où, dans certains territoires peu équipés, la connectivité est plus difficile à fournir et coûte cher, alors que les populations ont moins de revenus disponibles ».

Former des personnes pour former des écosystèmes

Sur le plan humain, le principal obstacle réside dans le manque de maîtrise des technologies informatiques, ou encore les faibles taux d’alphabétisation. Pour Yan Kwizera, Directeur pays de la start-up nFrnds au Rwanda, les politiques publiques ont un rôle très important à jouer. « Le gouvernement rwandais a fortement appuyé l’éducation aux ICT, ce qui a beaucoup aidé à développer des solutions précieuses ».Un exemple low-tech : le protocole USSD, qui permet d’accéder à des services digitaux en passant par un téléphone portable simple, via la connectivité 2G. Il est utilisé par la startup sénégalaise MLouma , dont le service est disponible sur #303# My Store, la plateforme USSD d’Orange en Afrique et au Moyen-Orient.

C’est cet enjeu de formation qu’Orange a souhaité relever avec son réseau d’incubateurs et d’accélérateurs en Afrique. Mais en conclusion, Yan et Ludovic s’accordent sur le fait que le plus grand défi reste de faire converger tous les acteurs de l’écosystème. Pour Ludovic, « c’est avant tout une question culturelle : il faut que tout le monde comprenne, entreprises comme pouvoirs publics, que la solution c’est de s’ouvrir, collaborer et partager ».

La 5G, c’est bien plus que « 4G+1 » !

« La 5G n’est pas seulement plus rapide : elle permettra de répondre aux nouveaux besoins de l’industrie, » explique Viktor Arvidsson, Directeur de la Stratégie et des Affaires Réglementaires d’Ericsson France. « La capacité de connecter des objets sur une échelle massive, tout en fournissant une excellente qualité de service, représente un véritable changement de paradigme ».

À la table ronde « 5G et avantage compétitif », une idée fait facilement consensus : la 5G, c’est bien plus que « 4G+1 ». En effet, c’est la perspective de voir évoluer toute la chaîne de valeur pour des verticales telles l’industrie connectée ou, cas d’usage emblématique, la voiture connectée. « Une voiture, c’est un très gros volume de données dont l’exportation doit être prise en compte, même en 5G, » explique Mari-Noëlle Jégo-Laveissière. « Un opérateur comme Orange doit donc être en capacité de gérer les données en plus d’assurer la connectivité. Nous n’avons pas encore toutes les réponses, mais c’est ce qui rend la chose passionnante ! ».

Préparer le réseau de demain : une affaire collective

Parmi ces zones d’ombre : établir une approche commune des enjeux de la 5G au niveau européen. « Il reste beaucoup de travail pour harmoniser les choses, » reconnaît Viktor Arvidsson. « Certains usages de la 5G seront très disruptifs, il faudra donc avancer progressivement, » poursuit M. Arvidsson. « On ne peut pas passer à la voiture autonome universelle au 1er janvier 2020 ».

Les investissements à réaliser sont également très importants – mais, assure Mari-Noëlle Jégo-Laveissière, les usages à venir les méritent. « Dès que la capacité sera disponible, les services B2B et B2C suivront. » explique-t-elle. « La 5G apportera une telle valeur ajoutée que les clients, particuliers ou entreprises, accepteront le surcoût pour simplifier les enjeux de leurs vies liés à leur voiture, leur maison, leur santé… ».

Ici aussi, c’est faciliter la collaboration et la co-innovation pour tout l’écosystème qui fera la différence : « Les opérateurs téléphoniques ont des atouts de grande valeur à offrir aux start-up ; à nous de rendre disponibles nos ressources, telles que nos API, pour accélérer leur potentiel d’innovation avec nos réseaux ».

LoRa, le réseau qui libère l’IoT sur toute la France