La disruption se résume en un mot : simplicité


La FinTech a beau ne pas se résumer aux moyens de paiement, ces derniers font néanmoins partie de ses expressions les plus visibles. L’explosion du paiement par mobile est un bon exemple de ce qui fait tourner la disruption : simplifier les usages au quotidien. Un retour sur l’expérience Orange Money en Afrique, en cette après-midi du premier jour de VivaTech, permet de tirer quelques leçons pour l’avenir.

Il y a toujours un usage à transformer

Quel que soit l’environnement ou le système établi, le potentiel disruptif des FinTech reste visible. Dans certains pays, les paiements mobiles sont en passe de complètement supplanter le rôle des moyens de paiement bancaires – tandis que d’autres voient le nombre d’alternatives au cash exploser. L’argent liquide cash approche-t-il de sa belle mort ?

« Si l’on regarde l’exemple de l’Afrique, l’argent liquide est toujours roi, » relativise Antoine Maurel, Investment Manager à Orange Digital Ventures (ouvre un nouvel onglet). « En revanche, Orange Money (ouvre un nouvel onglet) connaît une forte croissance et on peut parler de véritable disruption ». Et ce, malgré le caractère relativement « low tech » d’Orange Money comparée à d’autres FinTech – ses principales composants étant le SMS et le protocole USSD.

C’est dans ce contexte, raconte Antoine, que l’idée d’Orange Money est née d’une innovation des clients Orange eux-mêmes : en l’absence d’espèces pour faire leurs courses, certains particuliers avaient pris l’habitude de s’échanger des crédits de communication pour remplacer l’argent liquide. « Côté Orange, nous avons naturellement pensé à transférer de l’argent au lieu de transférer du temps de communication ».

Pas de compromis entre liberté et sécurité

Pour Lionel Baraban, CEO de la start-up française Famoco (ouvre un nouvel onglet), leader des terminaux transactionnels sur Android, le succès d’Orange Money tient en un mot : « simplicité ». Contrairement à l’ouverture d’un compte en banque, cette solution ne nécessitait rien d’autre qu’un téléphone portable et d’être déjà client Orange : « Si l’on règle un problème avec une solution qui est facile, simple et s’insère naturellement dans la vie quotidienne, on a gagné ».

Aujourd’hui, Famoco facilite le déploiement d’Orange Money en Afrique avec sa solution matérielle et logicielle, qui permet de valider les transactions pour les entreprise – un processus plus complexe que la validation d’une transaction peer-to-peer entre deux utilisateurs de téléphone.

« Nos terminaux sont peu chers, simples et fiables. C’est ainsi que nous concilions les exigences de flexibilité des utilisateurs et les besoins en sécurité, » continue Lionel. « On entend souvent qu’il faut faire un compromis entre liberté et sécurité, mais dans ce cas-ci, il faut les deux ! ».

Accélérer ensemble au-delà du paiement

Quelles sont les leçons à retenir de ce succès, au-delà de l’importance de la simplicité ? « Il faut des solutions intelligentes et une forte présence sur le marché. C’est le cas d’Orange en Afrique et, en Chine, d’Alibaba avec Alipay, et Tencent, » préconise Lionel. Les alliances entre start-up et grands groupes sont un bon moyen de combiner ces deux éléments. « Orange accélère des start-up et l’inverse est également vraie, » remarque Antoine. « Les start-up ont une faculté de concentration qui est précieuse et l’investissement est une bonne manière de raffermir nos liens ».

Contrairement à l’Afrique et à la Chine, le paysage technologique européen est déjà fortement peuplé, avec une multi-modalité de paiements : cartes de crédit, NFC, paiement en ligne, peer-to-peer… Dans ce contexte, il est peu probable qu’une seule technologie vienne bouleverser ce paysage. L’enjeu, pour Antoine et Lionel, l’essentiel sera de répondre aux attentes des consommateurs pour simplifier leur vie quotidienne, et de savoir concilier les technologies disponibles pour aller au-delà du paiement – pour inclure les services financiers, le prêt, le service client et bien plus encore.