Regard croisé sur l’entrepreneuriat féminin en Afrique : Tunisie


À l’occasion du sommet de Women in Africa, entrepreneuses et responsables RSE de plusieurs entités d’Orange partagent leurs points de vue sur le rôle du numérique dans le développement de leurs pays respectifs et sur les différents dispositifs mis en place par le Groupe afin de soutenir les femmes porteuses de projets innovants.

Rencontre avec Awatef Mosbeh, fondatrice de la start-up Toufoula Kids et Asma Ennaifer, directrice des relations extérieures et de la RSE d’Orange Tunisie.

 « Une femme entrepreneure a un impact social : elle montre aux générations suivantes que tout est possible »

Comment le numérique peut-il contribuer au développement de la Tunisie ?

Asma Ennaifer : Le numérique est un accélérateur essentiel au développement du pays. L’inclusion numérique et l’employabilité des jeunes sont au cœur de notre action, tout comme la promotion de l’entrepreneuriat. C’est en Tunisie qu’Orange a ouvert sa première école de code et son premier Orange Developer Center en Afrique , un incubateur technologique ouvert en 2011. Nous avons également inauguré en 2019 l’Orange Digital Center qui réunit dans un même lieu plusieurs programmes d’accompagnement à destination des jeunes et des entrepreneurs avec notamment l’accélérateur Orange Fab, l’école du code, le FabLab Solidaire et le fonds d’investissement Orange Digital Ventures Africa.

Awatef Mosbeh : Le numérique transforme les méthodes d’apprentissage. On observe un vrai mouvement de digitalisation des écoles, surtout dans le secteur privé. Il existe aujourd’hui un besoin en contenus éducatifs et ludiques de qualité. C’est ce que nous cherchons à réaliser avec Toufoula Kids.

Parlez-nous justement de votre start-up et de son envol…

A. M. : Après 15 ans comme illustratrice de livres pour enfants et en tant que maman, j’avais envie de relier le livre au digital. Avec mon mari, nous avons conçu un magazine et une application mobile à destination des enfants de
4 à 12 ans. Ils intègrent des jeux en réalité augmentée ayant une dimension à la fois scolaire et de sensibilisation environnementale et sociale. C’est une première en Tunisie et dans le monde arabe.

A. E. : Toufoula Kids a reçu le Prix de l’entrepreneur social innovant tunisien 2016 qui récompense les projets d’entreprises innovantes et responsables dans le pays. Cela été le point de départ d’une expérience fantastique. Une vraie relation de proximité, un partenariat humain et durable pour rendre la start-up pérenne. Un contrat a notamment été signé avec la Fondation Orange pour la production et la diffusions de contenus digitaux sur les plateformes des Écoles Numériques du Groupe. Nous apportons également un soutien global à Toufoula Kids afin d’améliorer l’application et développer le networking ou la prospection.

Quels défis attendent une femme entrepreneure en Tunisie ?

A. E. : Des difficultés à trouver sa place dans la société et à s’exporter, spécifiquement dans le secteur des technologies. Des programmes comme les Maisons Digitales sont faits pour soutenir ces femmes, les accompagner quand elles se lancent. Nous mettons par exemple en avant les produits de nombreuses artisanes qui habitent loin des grandes villes et dont les revenus ont augmenté en conséquence.

A. M. : C’est un challenge car il existe plus de barrières pour une femme que pour un homme, notamment celles liées à l’obligation de s’occuper de ses enfants et de sa famille. Mais on se doit de réussir pour changer le regard de la société. Une femme entrepreneure a un impact social : elle montre aux générations suivantes que tout est possible.

Les rencontres Women in Africa 2019, cela représente quoi pour vous ?

A. M. : La rencontre avec d’autres femmes africaines entrepreneures et la possibilité d’échanger sur notre vécu, nos conseils, le champ des possibles…. C’est aussi l’occasion de faire du networking et de trouver de nouveaux partenaires !

A. E. : L’opportunité de partager nos expériences sur l’entrepreneuriat féminin tout en mettant en avant des start-up qui peuvent encore gagner de la visibilité… et des futurs marchés.

Découvrir les 3 autres regards croisés sur l’entrepreneuriat féminin en Afrique :

Sénégal

Dialogue entre Seynabou Thiam, fondatrice de la start-up Yaay et Rokhaya Solange Ndir, chargée des relations avec l’écosystème numérique d'Orange Sénégal.

Cameroun

Échanges entre Arielle Kitio, fondatrice de la start-up Caysti, et Vivianne Ewongo, chef de service Communication interne et RSE d’Orange Cameroun.

Maroc

Les points de vue de Meryem Bennis, fondatrice de Marketface et de Nadia Mrabi, expert RSE d’Orange Maroc.