L’IA, ça sert à quoi ?


Michel Rubino dirige Cartesiam, une start-up éditrice de logiciels spécialisés en intelligence artificielle embarquée. Un regard expert pour nous aider à comprendre le concept d’intelligence artificielle (IA) et son impact sur la société.

« Définir l’IA n’est pas chose aisée, le terme « intelligence » n’est d’ailleurs pas le mieux choisi ! On peut dire qu’elle regroupe différents algorithmes, qui sont des formules mathématiques obéissant à des règles bien précises. Cet ensemble d’algorithmes va rendre un logiciel capable de faire seul son apprentissage pour qualifier l’environnement dans lequel il se trouve. On parle alors de machine learning.

Grâce à l’incorporation de données (images, sons, vibrations, etc.), la machine compare son savoir à une nouvelle information qu’on lui soumet et détermine des écarts ou des similitudes. Un exemple classique est celui des logiciels de reconnaissance d’image.

Chez Cartesiam (ouvre un nouvel onglet), nous proposons des solutions d’intelligence embarquée, c’est-à-dire une brique technologique permettant de recueillir et d’analyser des données au plus près de la machine, grâce à l’IA et au machine learning.

Les données qui étaient captées jusqu’à présent par les utilisateurs étaient généralement envoyées dans le Cloud pour être analysées en mode « Cloud computing ». Cela coûte cher et seulement 1 % de la donnée produite est utilisée. Avec un produit comme notre boîtier Bob Assistant, ces données sont directement analysées par le capteur et seules les informations importantes sont envoyées en cas d’anomalie, en mode « Edge computing », c’est-à-dire au plus près des objets.

Les progrès de l’intelligence artificielle stimulent l’imagination de chacun mais sont parfois source de confusion. Soyons clairs : les réseaux de neurones artificiels qui composent l’IA restent aujourd’hui très éloignés du cerveau humain !

Il faut à ce titre distinguer l’IA faible aux capacités très limitées – celle que nous connaissons aujourd’hui – et l’IA forte, celle du futur, qui connectera des milliers de neurones artificiels. Ce qui ne devrait pas arriver avant plusieurs décennies…

Une chose est néanmoins certaine : l’IA va transformer notre société. D’ici 2035, certaines études prévoient qu’elle entraînera une hausse de la productivité de 40 % ! Elle détruira des emplois et en créera de nouveaux, qu’on ne connaît pas encore, comme aux débuts d’internet.

Des pans entiers de l’activité humaine et économique vont évoluer. L’industrie verra l’interconnexion généralisée des machines et des objets intelligents, ou l’automatisation ultra-poussée des processus. En matière de santé, l’IA permettra de suggérer immédiatement un diagnostic médical à partir des données des patients. Quant aux avocats, ils auront instantanément à leur disposition, en matière de jurisprudence, les résultats comparés d’affaires précédemment traitées.

L’humain demeure néanmoins irremplaçable pour son empathie : annoncer un diagnostic médical, assister une personne dans le besoin, conseiller un acheteur… Tout cela nécessite un savoir-faire relationnel que seul un être humain maîtrise.

Libéré des tâches répétitives grâce à l’IA, l’homme pourra bientôt se concentrer sur des tâches que l’on pourrait qualifier de plus nobles, bénéfiques à tous. Cela posera alors la question de l’organisation de nos sociétés, pour que chacun soit en mesure de profiter de cette révolution. »

« Les réseaux de neurones artificiels restent aujourd’hui très éloignés du cerveau humain »
Michel Rubino
Cartesiam, Directeur

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