Iconem : visitez des sites archéologiques inaccessibles en 3D


Temples d’Angkor au Cambodge, Leptis Magna en Libye… Plus de 200 sites archéologiques, dont un grand nombre est aujourd’hui inaccessible, ont été modélisés en 3D par Iconem, start-up fondée par Yves Ubelmann, architecte. Un travail scientifique « ouvert » gratuitement au grand public.

Pouvez-vous « pitcher » Iconem en quelques mots ?

Yves Ubelmann : Iconem (ouvre un nouvel onglet) est une start-up fondée en 2013 qui développe des technologies pour la préservation du patrimoine culturel et notamment des sites et monuments menacés de disparition. Nous travaillons beaucoup au Proche-Orient, en Afghanistan, en Syrie, en Libye… Nous utilisons l’imagerie 3D et le traitement d’image par l’intelligence artificielle (IA) pour créer des copies digitales de sites archéologiques. Nous intervenons à la demande des archéologues qui souhaitent utiliser notre technologie de modélisation dans le cadre de leurs recherches scientifiques.

En quoi votre activité peut-elle intéresser le grand public ?

Yves Ubelmann : Notre cœur de métier consiste à produire de la documentation et des données destinées à un usage scientifique. Nous avons constaté que les images que nous créons sont très réalistes et permettent de proposer des visites virtuelles au grand public. Nous avons donc réalisé des expositions au Grand Palais à Paris, puis à Washington. Plus récemment, au moment du confinement, nous avons ouvert un accès sur internet, app.iconem.com, une version bêta qui permet de se promener virtuellement dans une vingtaine de lieux comme l’extraordinaire site romain de Leptis Magna en Syrie. L’un de nos engagements, c’est de mettre à disposition du plus grand nombre des territoires difficiles d’accès ou qui ne peuvent plus recevoir de visiteurs.

Votre offre grand public de visites virtuelles se poursuivra-t-elle après la crise sanitaire ?

Yves Ubelmann : Plus que jamais. Cette crise, mais aussi les enjeux de développement durable et de surfréquentation touristique de certains lieux, doivent nous pousser à réfléchir à de nouvelles modalités de voyage et d’accès aux lieux culturels. Cela peut être des expériences en 3D de plus en plus immersives sur ordinateur, dans les musées ou même sur les sites très fréquentés. Dans cet esprit, nous travaillons sur les temples d’Angkor, sur les pyramides de Gizeh…

Cette crise a-t-elle modifié votre façon de travailler ?

Yves Ubelmann : Oui, pour les prises de vues sur site. Désormais nous travaillons en réseau avec des photographes et des dronistes locaux, que nous formons à distance et qui nous envoient les données. Nous allons pérenniser cette approche plus écologique et plus respectueuse des économies locales.

Iconem et Orange, une relation qui repose sur des fondations solides

« Avant le confinement, nous avions commencé à réfléchir avec Orange sur des visites virtuelles de Notre-Dame de Paris. Ce projet reprendra peut-être plus tard. Sinon, Orange – comme toutes les grandes entreprises du digital, peut nous apporter de la puissance de calcul et des solutions d’IA pour développer notre technologie de modélisation 3D. ». Iconem a participé à la saison 1 (ouvre un nouvel onglet) de start-up stories