IA : pas besoin d’en avoir peur


Santeri Kangas est directeur technique à CUJO AI (ouvre un nouvel onglet). Fort de 26 années d’expérience dans la cybersécurité et le cloud computing, Santeri est également aguerri au développement de produits logiciels de sécurité primés, destinés aux exploitants de réseau, tels que AT&T, Orange, América Móvil, Telefónica, SingTel ou BT. Il délivre aux start-up cinq raisons de ne pas avoir peur de l’IA.

Conseil #1

Nous vivons dans un monde qui génère davantage de données que de moyens de les traiter
Nous vivons dans le monde des Big Data, mais ces données ne sont guère utiles dès lors qu’on ne dispose pas des moyens nécessaires pour les traiter et les utiliser de façon efficace dans la prise de décision. C’est pourquoi je pense que l’IA joue un rôle clé au sein des sociétés modernes. Toutes les start-up qui proposent des services fondés sur les données devraient s’intéresser à l’IA. Je ne chercherais pas à exploiter les données sans disposer du bon algorithme d’IA pour les traiter.

Conseil #2

L’IA sera omniprésente dans un avenir proche
Il fut un temps où les microprocesseurs se trouvaient uniquement dans des ordinateurs. Aujourd’hui, une multitude d’appareils en sont équipés. Je suis convaincu que l’IA connaîtra un destin similaire. Le cloud computing permet désormais de stocker des données à distance et, avec l’Internet des Objets, tous types d’appareils sont capables de recueillir et d’échanger des données. Les algorithmes d’IA seront, par conséquent, présents dans un nombre croissant d’appareils afin de traiter des ensembles de données, pas seulement dans des ordinateurs, mais dans des appareils du quotidien, tels que les thermostats de nos maisons ou encore des porte-clés.

De même que pour les ordinateurs, les développements technologiques contribuent à réduire le coût de l’IA, de sorte qu’elle offre aujourd’hui un moyen économique de traiter de grandes quantités de données, plus rapidement.

Conseil #3

L’IA nous aidera à prendre de meilleures décisions à partir de données brutes
La véritable efficacité de l’IA réside dans sa capacité à traiter des données rapidement. Elle est en mesure de traiter les données 1 000 fois plus vite que l’être humain sans se fatiguer. En d’autres termes, dès lors qu’elle est correctement configurée, l’IA est beaucoup plus fiable que les analystes humains quand il s’agit d’analyser les données et, bien que les êtres humains soient meilleurs que l’IA pour prendre des décisions, nous sommes handicapés lorsque nous sommes confrontés à des données brutes.

Conseil #4

Les humains entraînent et contrôlent l’IA
Contrairement aux idées reçues, l’IA n’est pas capable de se développer seule. Les machines ne devraient pas avoir les capacités cognitives pour y parvenir avant vingt ans au bas mot. À l’heure actuelle, ce sont les êtres humains qui forment les machines. Certes, elles peuvent être mal entraînées ou être paramétrées à mauvais escient, mais l’IA n’est pas en mesure de prendre le pouvoir de son propre chef. Derrière les risques d’utilisations abusives de l’IA se cache l’esprit humain qui l’a conçue pour fonctionner de cette manière.

Aujourd’hui, l’IA est principalement entraînée au travers d’une formation supervisée. Dès lors qu’elle est entraînée à effectuer les bonnes tâches, elle les exécute avec une grande efficacité. Nous arrivons aussi à un point où les machines sont capables de déceler les erreurs qu’elles font et à en tirer des enseignements, il y a donc très peu de risques que l’IA commette des actes malveillants ou des erreurs délibérées sans implication humaine.

Conseil #5

L’IA peut être un excellent assistant personnel
Le conseil que je donnerais aux start-up est d’explorer les possibilités de l’IA. Même si vous ne cherchez pas à automatiser des tâches ou à traiter de grandes quantités de données, l’IA peut être un excellent assistant personnel et vous aider à mieux faire votre travail. Je vois dans la prise de décision assistée par IA de multiples applications. Prenez les docteurs par exemple. Ils pourraient s’occuper d’un plus grand nombre de patients et de manière plus efficace en délégant les recherches à l’IA. Les possibilités sont infinies.

Nous ne devrions pas avoir peur de l’IA. L’IA, à l’instar des ordinateurs, va améliorer notre productivité. Elle permettra d’automatiser certaines tâches, mais ne pourra pas nous remplacer. Elle va simplement nous aider à mieux faire notre travail.

Santeri Kangas © DR

Contrairement aux idées reçues, l'IA n'est pas capable de se développer seule. Les machines ne devraient pas avoir les capacités cognitives pour y parvenir avant vingt ans au bas mot.
Santeri Kangas
CTO à CUJO AI