Enova Robotics : des robots au service du personnel soignant et des patients


Les robots de service sont particulièrement adaptés à la lutte contre la propagation du coronavirus, en particulier en milieu hospitalier. Ils permettent à la fois de de soulager le personnel soignant et d’accompagner les patients. Les explications d’Anis Sahbani, CEO et fondateur de la start-up tunisienne Enova Robotics.

Depuis sa création en 2014, Enova Robotics est devenu un acteur incontournable des robots de service. À qui s’adressent ces technologies ?

Anis Sahbani : Enova Robotics (ouvre un nouvel onglet) conçoit, fabrique et commercialise des robots mobiles opérant principalement dans les secteurs de la sécurité industrielle et de la santé. L’entreprise déploie par exemple un robot de téléprésence en Ehpad qui facilite les échanges à distance entre les pensionnaires et leurs familles.

Comment la crise du coronavirus a-t-elle affecté le fonctionnement de l’entreprise ? Qu’avez-vous mis en place pour adapter votre activité et vos services à ce contexte ?

Anis Sahbani : La pandémie a mis un sérieux coup d’arrêt à notre activité qui est fondée à 100 % sur le hardware. Dans le même temps, nos services sont particulièrement adaptés pour faire face à cette crise, notamment pour soulager le personnel soignant et accompagner les patients.

L’un de nos clients a ainsi choisi de mettre un robot de téléprésence à disposition de l’hôpital de Tunis qui a été entièrement réaffecté au Covid-19. L’objectif : permettre aux patients de conserver un lien avec leurs proches et d’échanger avec les médecins, tout en réduisant au minimum les contacts physiques. Trois de nos collaborateurs sont donc retournés dans nos locaux pour fabriquer et programmer l’outil. Avant cela, nous avons bien sûr mis en place toutes les mesures nécessaires à leur protection avec des horaires aménagés, l’obligation d’éloignement physique, la mise à disposition de masques, etc. D’autres établissements comme l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière en France sont intéressés par notre solution.

En parallèle, nous développons un robot équipé de capteurs thermiques pour assurer la prise de température à distance des patients à l’entrée des hôpitaux. Équipé d’un chatbot, l’outil évalue leurs symptômes pour les orienter vers un parcours de soins adapté.  

Comment envisagez-vous l’après-crise ?

Anis Sahbani : Notre priorité est avant tout de traverser cette crise en préservant nos effectifs jusqu’au mois d’octobre, voire de décembre. Dans un deuxième temps, nos projections les plus optimistes laissent entrevoir un avenir très robotisé, particulièrement dans le secteur de la santé qui devrait bénéficier d’investissements massifs. Mais restons prudents, nous manquons encore cruellement de visibilité.

Quels enseignements tirez-vous de cette situation ?

Anis Sahbani : Nous avons concentré nos efforts sur les pays développés en nous implantant principalement en France et en Allemagne, mais aussi aux États-Unis et dans les pays du Golfe. Or d’autres économies, notamment en Afrique, pourraient trouver un intérêt à nos technologies. Nous ne sommes pas à l’abri d’un rebond de la pandémie. Dans ce contexte incertain, nous devons prendre de l’avance sur notre calendrier prévisionnel en accélérant l’industrialisation et la diversification de nos solutions.

Orange et Enova Robotics : un partenariat fait pour durer

« Initiée en 2018, cette collaboration a changé le regard de nos investisseurs et de nos clients. Orange nous a fait bénéficier d’un dispositif de pré-accélération et nous a invité à VivaTech en 2018 et en 2019. L’occasion de signer des contrats avec les entités du Groupe intéressées par la robotisation mais également d’aller à la rencontre de nouveaux marchés ! À la fois partenaire commercial et d’innovation, Orange nous fournit les puces qui équipent nos robots ainsi que des solutions logicielles de visioconférence et de prise de rendez-vous. Actuellement, nous réfléchissons à l’intégration de la 5G et aux perspectives qu’elle pourrait nous ouvrir. »